Une saison à Saigon
- Johann Chabert
- 21 déc. 2025
- 3 min de lecture
L'Ardèche, on peut difficilement rêver mieux comme cadre de vie... Quand j'ai décidé de m'y installer il y a maintenant un peu plus de 4 ans, je ne me doutais pas que ça allait autant me plaire. Une nature exubérante, des petits villages de charme, des voisins adorables, un air pur, des milliards d'étoiles à observer chaque soir...
Pourquoi je vous parle de l'Ardèche sur un blog consacré au voyage ? Et bien parce que depuis quelques années, l'Ardèche fait partie de moi - ou moi de l'Ardèche, plutôt. J'y suis profondément attaché, y ai mes habitudes, des amis, une maison... Vous allez voyager avec moi, il vous faut me connaître un peu ! Mais je vous en parle aussi pour vous dire qu'en Ardèche, il me manque un petit quelque chose. Un petit rien qui me chatouille...
Je voyage 4 ou 5 fois par an à l'autre bout du monde (bilan carbone pas bon du tout, j'essaie de compenser ailleurs), on ne peut pas dire que le voyage me manque.
Est-ce l'hiver en Ardèche qui me pèse ? Parce que bon, il n'y a vraiment personne, là bas, l'hiver... Mais non, pas vraiment. Si je me targue d'être sociable, je vis très bien les longues périodes d'hibernation avec mon épouse, ma cheminée, mes poules au fond du jardin... Le voyageur sait se faire casanier. Pourtant lorsque ma douce moitié, tokyoïte et donc citadine d'origine, a exprimé le besoin d'une vie sociale un peu plus épanouissante, c'est assez naturellement que nous avons décidé de consacrer un certain temps chaque année à une vie radicalement différente : nous passerons quelques mois à Ho Chi Minh Ville, au Vietnam.

Et c'est arrivé ici que j'ai réalisé à quel point changer d'air me faisait du bien. J'ai touché du doigt ce qui me manquait : l'Expatriation avec un E majuscule. Naviguer dans un endroit connu non pas en visiteur, mais en nouvel habitant. Me trouver hors de ma zone de confort, mais en terrain connu. Confortable dans l'inconfort, en dehors de ma culture. J'ai vécu ici quelques années déjà, il y a 12 ou 13 ans. Je me sens comme un poisson dans l'eau. Je parle un peu le Vietnamien, enfin suffisamment pour commander un café et négocier sur un marché, faire un brin de causette avec les petits vieux du quartier... de quoi provoquer de grands sourires bienveillants.
Nous sommes installés dans un quartier plutôt local, juste à côté d'un immense marché, avec pléthore de restaurants et cafés où se mêler à la foule.

Ho Chi Minh Ville, que tout le monde appelle encore Saigon (c'est beaucoup plus court !), énormément changé depuis mon premier séjour. Développement économique, changements d'habitude accélérés par le covid, d'impressionnants quartiers résidentiels ont fait leur apparition, avec force gratte-ciels et centres commerciaux ultra-moderne. Une fièvre consumériste s'est emparée des Saigonnais, pour le meilleur et pour le pire (nous en reparlerons !). Le métro a fait son apparition, les règles de circulation sont plus strictes - on ne peut plus boire et conduire, un comble ! - de petites boutiques au design résolument moderne fleurissent un peu partout.
Et pourtant, dans ses quartiers résidentiels plus populaires, Saigon semble être resté Saigon. Petites ruelles où passent des vendeurs de rue en criant leur marchandise, stands de cuisine de rue aux saveurs incomparables, joyeux bazar de motos klaxonnant dans une danse chaotique...

Cadre de travail idéal, notre appartement provisoire est équipé d'une terrasse et d'une belle vue sur le zoo luxuriant, qui me permet de travailler (car non, je ne suis pas venu en vacances !) avec encore plus d'inspiration !

Dans trois mois, c'est sûr, je serai ravi de retrouver le calme et l'air pur de Sanilhac, au cœur de la montagne ardéchoise. Comme l'année dernière. Mais pour le moment, je savoure Ho Chi Minh Ville, le Vietnam, l'Asie... et la chaleur !



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