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Mélancolie Vietnamienne

Retour au Vietnam après près de 7 ans d’absence. Je suis excité comme une puce ! Peut-être ne le savez-vous pas, mais en 2012-2013, je vivais ma première expatriation asiatique à Saïgon. Deux ans de découvertes, d’émerveillements, et de très belles rencontres. Le Vietnam, est sans doute le pays du monde dans lequel je compte le plus d’amis après la France. Locaux et expats confondus. Si la différence culturelle est parfois déroutante, le naturel curieux et franc des Vietnamiens rend leur contact d’une facilité déconcertante. L’envie de connaître l’autre est permanente, et l’amitié est durable. J’ai eu plus de facilité à me faire des amis ici qu’au Laos où les gens sont adorables mais tellement plus timides, au Japon où se faire des amis est de toute façon compliqué, et même qu’au Canada, où la culture nord-américaine confond parfois le Français qui se croit en terrain conquis.


Lorsque j’ai décidé d’entreprendre ce retour aux sources de quelques semaines, mon premier réflexe fut donc de pianoter quelques mots sur mon téléphone à ces amis du bout du monde pour planifier un café, un déjeuner, un dîner, une balade dans un parc… Ma première frustration, ne pas avoir le temps de voir tout le monde ! Ce sera pour un prochain voyage. Mon premier bonheur, ce temps passé avec ceux que j’ai pu voir.


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Venons-en aux raisons de cette redécouverte du Vietnam : tout d’abord, une opportunité offerte par Vietnam Airlines et par un hôtel de l’île de Phu Quoc, Le Premier Village Resort, qui réduit drastiquement le coût. Aucun des deux ne sponsorise cet article, ce qui ne m’empêche pas de les remercier ! Ensuite, un projet personnel, la création d’itinéraires hors des sentiers battus pour petits groupes, accompagnés par votre serviteur. Je me rends au pays pour valider l’itinéraire et régler les derniers détails. Et enfin, l’envie de faire comprendre à Ayaka, ma chère et tendre, pourquoi le Vietnam occupe une place proéminente dans mon cœur !


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Le titre de cet article parle de mélancolie. Commençons par là. Mélancolie, parce que le récit de ce voyage est d’abord celui d’une déception. Laissez-moi vous parler d’Ha Giang. Il y a 10 ans, cette région du Nord du pays, à la frontière avec la Chine, m’avait bouleversé. J’y avais entrepris un périple à moto, et avais été charmé par ses paysages montagneux spectaculaires, mais aussi et surtout par son isolement, son authenticité, et la gentillesse de ses habitants. Pas un touriste croisé en une semaine, la nécessité d’utiliser mon vietnamien balbutiant pour s’orienter ou trouver une chambre d’hôtel (ah oui, c’était aussi une époque sans smartphone)… un bonheur !


Force est de constater que ces dix années écoulées ont drastiquement changé le paysage. Sur place, les touristes vietnamiens viennent passer le weekend. Et le touriste qui vient de la grande ville d’Hanoi n’a pas du tout les mêmes goûts que le voyageur occidental… Là où ne se dressaient que quelques petits villages reculés ont fleuri complexes hôteliers, cafés branchés, restaurants touristiques, centres artisanaux et magasins de souvenirs. Là où se tenaient quelques échoppes et cafés locaux est apparue une scène sur laquelle se relaient les danseurs folkloriques accompagnés de force décibels et spots multicolores. Mais ce n’est pas tout. Les jeunes routards occidentaux ont également eu vent de cette région, et les agences de voyage bon marché ont flairé le bon filon. Ce sont désormais des hordes de motos chevauchées par un chauffeur Vietnamien et un(e) jeune blondinet(te) convaincu de vivre la grande aventure de sa vie qui se succèdent sur les routes escarpées de Ha Giang, et qui s’arrêtent en meute à chaque point de vue.


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J’ai conscience de la condescendance de mon propos… Après tout moi aussi je suis un touriste, au nom de quel privilège réclamerais-je l’exclusivité de Ha Giang ? Que nenni, vous rétorquerais-je. C’est une simple question de goût. J’aime aller là où personne n’est allé. J’aime m’immerger dans une culture et une vie quotidienne telle qu’on la vit sur place, pas telle qu’on la fabrique et qu’on l’arrange artificiellement pour plaire au visiteur. Je ne demande pas aux touristes de partir d’Ha Giang (bon, j’aimerais bien qu’ils s’en aillent quand même)… J’irai simplement voir ailleurs si j’y suis. Et c’est ailleurs que j’emmènerai mes petits groupes, en essayant de ne pas trop abîmer les endroits dans lesquels nous passons. L’idée de départ était de régler les détails de mon itinéraire, le résultat de ma venue sera de totalement changer de région.


Fort heureusement, ce voyage a aussi été ponctué d’heureuses découvertes. Une autre région du nord du Vietnam m’a fasciné : Cao Bang. Je peux en dévoiler le nom, mon blog n’est pas assez suivi pour entraîner une déferlante de touristes ! Paysages magnifiques, pas un touriste à la ronde, et une belle rencontre avec les villageois locaux, qui m’ont initié à toute une économie locale faite d’échanges de produits artisanaux. Tel village cuit des briques pour toute la région, tel autre tresse des paniers en bambou… A 6h de route de Hanoi, la région se mérite… Peut-être un gage qu’elle restera paisible encore quelques années.


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Belle redécouverte du centre du Vietnam aussi, avec quelques jours passés à Hué, que je voulais revoir car je la connaissais mal. L’ancienne capitale impériale a de nombreux atouts, et est restée agréable et paisible malgré le développement à pas de course du pays.


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Enfin, mes deux amours, Saïgon et Hanoï, sont restées relativement inchangées. Certes, des projets immobiliers pharaoniques ont donné naissance à des gratte-ciels impressionnants en périphérie. Le métro sera bientôt en service. La technologie envahit le quotidien… Mais l’ambiance est la même. On mange, on boit son café sur le trottoir. Les marchés grouillent d’activité, les vendeurs de rue crient leurs marchandises… Et on y mange si bien !


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Quant à Phu Quoc aux belles plages de sable blanc , elle est à l’image du pays… Un mélange de ce que le Vietnam a de meilleur, et de ce que le Vietnam a de pire. Ascenseur émotionnel, confusion permanente : dois-je me réjouir du développement du pays et de la vie meilleure qu’il propose à tant de monde, ou m’apitoyer de la perte de traditions ancestrales et de l’annihilation sauvage de biotopes entiers (Mais enfin, d’où vient cet amour des Vietnamiens pour les téléphériques, qui viennent enlaidir tant d’horizons ?).


Alors, résultat positif ou négatif ? Éminemment positif ! Un réel bonheur de me reconnecter avec ce pays qui m’a tant apporté, et avec mes amis. Et une satisfaction a posteriori d’avoir embrassé à nouveau le pays dans son entièreté, avec ses défauts et ses qualités. De conclure que c’est malgré ses défauts que je l’aime tant, ce Vietnam de mon cœur. Tellement hâte de vous le faire découvrir !

 
 
 
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