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Trop de touristes, c'est à partir de combien ?

Mes vœux pour le tourisme 2026

Le thème du surtourisme est à la mode, chez les professionnels du tourisme comme chez les voyageurs. La gestion de l’afflux massif de visiteurs sur des sites qui n’ont ni l’espace ni les structures pour les accueillir est un enjeu d’une importance capitale. Histoire de s’assurer qu’à l’avenir, nous puissions tous nous émerveiller en voyage sans rien abîmer et sans donner des envies de touricide aux habitants locaux.

Sans prétendre régler le problème avec un simple article de blog (qui plus est pas le premier sur le sujet loin s’en faut), je vous propose quelques pistes de réflexion pour un tourisme 2026 plus humain.

L’équilibre, la voie de la sagesse

Depuis presque 20 ans que j’organise des voyages, j’observe une tendance affirmée : beaucoup veulent sortir des sentiers battus, mais ne rien rater des incontournables. Bien entendu, voyager c’est faire des choix. Sauf à avoir des mois devant soi. Confrontés à cette réalité, la plupart des voyageurs abandonnent leur idée d’originalité pour ne rien rater de l’essentiel. Et pourtant, il y aurait tant à gagner à laisser un peu plus de place au superflu. Pas à supprimer complètement ces belles choses dont tout le monde vous a dit qu’elles valaient le détour, mais d’en oublier certaines pour se tourner vers ce dont personne ne vous a pas parlé. Histoire de forger vos propres souvenirs…

L’équilibre, c’est aussi faire la part des choses entre satisfaire ses envies de découverte, une nécessité absolue - à mon sens - de s’éduquer par le voyage pour mieux comprendre l’autre, et un impératif climatique pressant.

Surveiller son bilan carbone sans pour autant s’enfermer chez soi. Choisir la planète plutôt que son confort sans pour autant se ruiner la santé. Voyager mieux plutôt que voyager plus.

Il est urgent de prendre son temps

En voyage, rien n’est plus important que d’arrêter de bouger. Contradictoire ? Sans doute. En un coup de vent, vous verrez beaucoup. En vous enracinant ne serait-ce que quelques jours, en vous imprégnant, en vous laissant gagner par l’atmosphère d’un lieu, vos émotions seront décuplées. On prend des petites habitudes, on se sent ailleurs et en même temps chez soi. La mamie qui vend du café au coin de la rue vous reconnaît, on échange des sourires complices… Quand on est pressé on regarde par la fenêtre. Quand on prend son temps on est invité à passer le pas de porte.

Par pitié, perdez-vous !

Encore une bizarrerie que ce conseil donné par quelqu’un dont le métier est d'organiser des voyages : ne cherchez pas à tout planifier. Laissez-vous surprendre. Laissez-vous emporter. Perdez-vous le plus souvent possible. Le moment qui rendra votre voyage inoubliable n’est pas ce monument que vous allez photographier de la même manière exactement que des milliers d’internautes avant vous. Il est dans ce temple de quartier dans lequel vous êtes entré par hasard et dans lequel on vous à offert une tasse de thé. Il est dans ce petit restaurant qui n’est dans aucun guide, et qui sert le meilleur ragoût de mouton du quartier…

Le vrai partage, c’est en garder un peu pour soi

Dieu sait que j’aimer partager mes découvertes de voyage ! Sinon je ne ferais pas ce métier. Mais je ne vous dit pas tout, et je ne vous emmène pas partout. Il y a des endroits que je garde pour moi. Jalousement, secrètement. D’abord parce que je veux que mon joyau reste intact. Il est fragile, il ne supporterait pas qu’on le dévoile. Ensuite parce que ce que je veux partager, c’est que les souvenirs se fabriquent en dénichant ses propres recoins secrets. Ceux que vous ne voudrez pas partager non-plus.

Ah et puis oubliez un instant vos appareils photos. Ils sont intrusifs, ils changent le regard des sujets sur lesquels ils pointent. D’ami qui visite, vous devenez touriste un brin voyeur. Et puis votre téléphone ou votre reflex dernier cri ne capturent pas les émotions comme vous les avez ressenties… Un instant, j’ai dit… Ne jetez pas votre appareil aux oubliettes, mais usez-en avec parcimonie. Sachez comprendre quand il est le bienvenu.

Et ne vous inquiétez pas pour les réseaux sociaux, ils sont déjà bien nourris, inutile de trop les engraisser. Le partage oui, mais pour partager vraiment. Pas pour simplement se ranger dans la catégorie de « ceux qui y ont été ».

A Rome, fais comme les Romains

Bien sûr, à Rome vous ne passerez jamais pour un Romain. Vous auriez une étiquette « touriste » collée sur le front que ça ne serait pas plus évident. Personne ne vous demande en voyage de porter un sari, de manger avec des baguettes si vous ne savez pas les tenir, de parler le quechua couramment, ou de connaître l’angle exact auquel vous devez vous incliner pour saluer en fonction de la position sociale.

Mais le respect de la culture locale au meilleur de vos connaissances et de vos capacités provoquera un respect au moins équivalent en retour. Des relations humaines plus faciles qui favorisent l’échange, et éveillent les émotions. Sachez garder vos limites, aussi, et rester dans le cadre de vos convictions personnelles. Apprenez à refuser gentiment un sac plastique inutile ou une soupe d’aileron de requin… Si vous le faites avec tact, personne ne prendra la mouche.

Le corollaire de cette dernière réflexion : une culture, ça s’étudie avant le voyage. Et c’est autrement plus important que d’étudier la liste des temples à visiter…

Un tourisme personnel et adapté

Evidemment, le tourisme est éminemment protéiforme. Tout le monde ne voyage pas pour découvrir une culture ou tailler la bavette avec son prochain. Vous voyagez pour la plage, le soleil, et les caïpirinhas ? Grand bien vous en fasse ! Vous êtes féru d’histoire égyptienne et il est pour vous hors de question de manquer une seule pyramide, un seul temple, une seule pierre même ? Ainsi-soit-il !

La découverte des cultures locales est plus mon sujet, mais bien évidemment je n’ai pas la prétention d’édicter une charte unique du voyage. Je privilégie l’échange plutôt que la consommation, la relation humaine plutôt que l’observation distanciée. Mais tout cela est personnel, comme tout ce qui précède, comme l’intégralité de ce blog et de tout ce que j’écris !

Je pense que mon vœu pour l’année 2026, et pour les années à venir, est celui d’un tourisme généralement respectueux, envisagé en toute conscience des enjeux qui lui sont intrinsèques. Un souhait d’équilibre, de responsabilité… de durabilité. Tant de choses passionnantes à découvrir… et à préserver !



 
 
 

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